Partie I

Mario G. LOSANO, professeur titulaire, Systèmes cybernétiques et droit : des premiers ordinateurs à l'informatique juridique

Cet article se compose de deux parties. La première, publiée ici, examine les origines de l'application du modèle cybernétique aux sciences sociales. La deuxième partie, qui sera publiée dans le prochain numéro de la revue, analysera l'impact de l'informatique sur un domaine spécifique de la société : le droit.

Après la Seconde Guerre mondiale, les ordinateurs et leurs programmes, développés principalement à des fins militaires, ont commencé à se généraliser dans la société civile. Ils offraient de nouveaux modèles pour expliquer la société dans son ensemble ou simplement pour comprendre certains segments de la société, comme le droit. Dès 1949, l’Américain Lee Loevinger a suggéré d’appliquer l’informatique naissante à la common law et a ainsi créé une nouvelle discipline d’étude, appelée « jurimétrie ». Dans le contexte du droit continental européen, la « jurimétrie » s’est transformée en « cybernétique juridique » afin de mieux tenir compte des spécificités du droit continental. L’informatique et le droit sont intrinsèquement liés dans la société contemporaine. D'une part, l'application de l'informatique au domaine du droit a donné naissance à l'informatique juridique (par exemple, l'administration en ligne ou l'informatisation de l'administration publique, les bases de données juridiques, etc.), tandis que, d'autre part, l'application du droit au domaine de l'informatique a créé le droit de l'informatique (par exemple, le commerce électronique, la protection des données à caractère personnel, le droit pénal de l'informatique, etc.)